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Nouha Cissé: « On va tout droit vers une sahélisation de la Casamance »
Mardi 29 Janvier 2013, 12:02

C’est un véritable cri du cœur que l’ancien Proviseur du lycée Djignabo de Ziguinchor a lancé samedi dernier à Paris au cours d’une rencontre entre le comité d’initiative pour la recherche de solutions de paix en Casamance dirigé par Robert Sagna et la diaspora casamançaise installée dans l’Hexagone. Selon Nouha Cissé, il est venu le temps de faire la paix pour sauver la région naturelle de Casamance ou du moins ce qu’il en reste encore. Car, selon son constat, « cette région est entrain de mourir de sa belle mort à cause du conflit armé ».
« La Casamance a mal et je n’exigerai pas en disant que la Casamance est dans la logique d’une région qui est entrain d’être abîmée », a déclaré Le Professeur Nouha Cissé devant une assistance composée d’immigrés sénégalais originaires de la Casamance et de représentants de l’aile extérieure du Mfdc, la rébellion armée qui réclame l’indépendance de la région méridionale du Sénégal. À cause, a t-il déclaré, l’économie locale est entrain de toucher le fond avec la « mort » de l’usine de la Sonacos et des usines de crevettes qui, au-delà de la main-d’œuvre, faisaient fonctionner des activités économiques connexes.
La forêt, autre fleuron de l’économie régionale et même sous-régionale n’est pas en reste. Elle est, selon M. Cissé entrain d’être dévastée. « Le bastion forestier de la sous-région c’est la Casamance. Mais depuis quelque temps cette forêt est saccagée, abîmée par une économie criminelle – le charbonnage, le bois d’œuvre, le bois de chauffe – trois phénomènes extraordinaires qui constituent une dépravation véritablement de la forêt casamançaise », a t-il fait savoir. Avant de prévenir: « A n’y prêter garde, on va vers une situation de sahélisation de la Casamance ».
L’actuel président du Casa Sports, club fanion de la région, estime aussi que l’insécurité ambiante en Casamance a fini de confiner les populations dans une position de survie avec tout ce que cela entraîne comme conséquences. « La réalité c’est qu’on est entrain de survivre en Casamance. On ne vit pas, on survit. On a certes la fonction animale ça on mange, on boit, on respire, on se couche, mais on n’a pas la plénitude de l’épanouissement du cœur et de l’esprit », a t-il précisé regrettant notamment les braquages ainsi que la présence de mines enfouies par les belligérants du conflit.
« En Casamance tout un chacun qui voyage a la peur au ventre avec le risque d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Les forêts et les champs sont aussi pollués de mines », a notamment fait savoir Nouha Cissé qui en appelle à un sursaut des populations afin « de ne pas laisser la région mourir sans réagir ».

La coordination de la Section du Mfdc au Royaume Uni

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