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Sortie de Salif Sadio :Le maquis gesticule, la Gambie indisposée
mercredi 4 juillet 2012
Salif Sadio, un des chefs de factions de la branche armée du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) en réponse à la main tendue du président Macky Sall depuis Ziguinchor, l’invite plutôt à des négociations hors d’Afrique sous l’égide de la communauté chrétienne de Sant’Egidio. Tout en le prévenant que « le droit immémorial de la Casamance à l’indépendance nationale est un droit réel, absolu, inaliénable, imprescriptible, non négociable… ». Une sortie relayée par nos confrères de Zig-Fm et de RFI qui ont réalisé l’entretien quelque part dans le maquis casamançais. Un discours musclé qui aurait enflammé les combattants selon des sources concordantes, mais qui n’en a pas moins indisposé le pouvoir gambien selon les mêmes sources.
Salif Sadio, le général autoproclamé d’Atika, la branche armée du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) s’essaie encore à une communication politique de chef de guerre après celle tentée en 2005 quand il avait senti le vent tourner et les choses lui échapper. Un entretien diffusé par Sud FM Sen Radio et relayé par Sud Quotidien qui avait valu au groupe de presse les affres d’une interpellation policière musclée au petit matin. Elle n’avait même pas épargné les balayeurs et petits personnels du groupe. Raflés sans ménagement avec armes et bagages, ils avaient été conduits hébétés au commissariat de police sans autre forme de procès… pour avoir simplement accompli leur métier d’informer à bonne source.
La nouvelle intervention publique du chef de guerre casamançais ne vaudra certainement pas une interpellation de nos confrères de Zig-Fm et de Rfi, mais il n’en embarrasse pas moins dans les milieux diplomatiques sous régionaux, notamment gambiens et bissau-guinéens, dont les territoires sont récusés de facto par le général autoproclamé d’Atika. Il invite l’Etat du Sénégal, son seul interlocuteur, à « accepter de s’asseoir autour d’une table avec le Mfdc en terrain neutre, donc, hors de l’Afrique, parce qu’on a vu depuis 1982, ce que nous avons vu, ce qui s’est passé : on se moquait de nous, on nous a menés tantôt en Gambie, tantôt à Bissau, comme si nous étions des moutons ».
Ne lui rappelez pas la disponibilité du pays hôte, la Gambie, encore moins de la Guinée Bissau. La réponse est cinglante et coule de source, comme apprise de longue date : « La Gambie et la Guinée-Bissau ont mené une médiation conjointe qui n’a abouti à rien. Deuxièmement, la Guinée-Bissau, ne peut pas être à la fois partie prenante et médiateur. N’est-ce pas la Guinée-Bissau qui a coalisé avec le Sénégal, je dis bien, avec le Sénégal, pour venir faire la guerre aux troupes du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance.
La Gambie qui est accusée par le Sénégal d’être le support de Salif Sadio, également, ne peut pas mener une médiation fiable », tranche-t-il. La Gambie indisposée

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Salif Sadio prend-il ses distances avec le président gambien, Yaya Jammeh, considéré pourtant jusqu’ici comme son protecteur et un de ses plus sûrs soutiens ? Sud rapportait il y a quelques jours, tenant l’information de sources concordantes que le président Jammeh suite à la visite de son homologue sénégalais, Macky Sall, avait exigé la libération des otages militaires sénégalais sans succès.

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La preuve, le chef de guerre n’a pas manqué de parader devant ses visiteurs en leur exhibant ses prisonniers « qui mangeraient mieux que lui ». Salif Sadio disposerait-il de moyens de coercition contre son hôte gambien qui lui permettent de passer outre ses injonctions ? Il se raconte que le chef de guerre casamançais disposerait d’un arsenal important et de relais sous régionaux et internationaux qui lui donnent l’impression de pouvoir se passer de ses alliés gambiens. Est-ce la raison aussi de la crainte relayée par la presse d’un coup de force en Gambie ?
Toujours est-il qu’en dehors de Apakena, son nouveau précepteur et idéologue basé en Allemagne, Salif Sadio n’écoute personne, même pas ses proches lieutenants. Dont certains sont au « trou » depuis quelques années, privés de liberté par le général. Si donc ses troupes ont dû jubiler à l’écoute de l’entretien en croyant dur comme fer que l’heure de l’indépendance est arrivée, à Banjul comme à Ziguinchor on se demande par quel miracle. On voudrait bien savoir comment Salif Sadio et sa délégation, si d’aventure le Sénégal acceptait sa proposition, voyageraient. Avec quels titres de voyage ? On verrait mal la Gambie leur fournir passeports et documents de voyage au risque de s’aliéner le puissant voisin sénégalais.
La tentative « d’internationaliser » à nouveau la crise casamançaise risque de butter sur la question malienne et bissau-guinéenne ainsi que les résolutions fermes de la Cedeao dans le cadre des règlements des conflits. Il s’y ajoute la fermeté du chef de l’Etat sénégalais qui, recevant récemment une communauté casamançaise venue lui faire part de cérémonies culturelles et cultuelles, a souligné toute l’absurdité du conflit tout en signifiant à ses interlocuteurs qu’aucun président sénégalais n’offrirait l’indépendance à la Casamance même si la guerre durait 300 ans.

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Analisez cet interview de Macky Sall à Ziguinchor le 28 juin dernier

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La Coordination de la Section du Mfdc du Royaume Uni

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