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La migration des étudiants sénégalais pose la question de l’iniquité du choix entre le retour au pays d’origine et la sédentarisation en France. Les conditions de travail, les grilles salariales, la grandeur des projets migratoires, les accointances avec la France, les niveaux scientifiques et technologiques du pays d’accueil, de loin supérieurs à ceux du Sénégal laissent présager une grande propension au non-retour après la formation.

Pour autant, de la kyrielle des facteurs explicatifs de l’installation en France après les études, la pression familiale est intrinsèquement un facteur bloquant du projet de retour. Des étudiants interrogés dans le cadre d’une recherche de terrain affirment subir cet écueil provenant des parents qui conjuguent émigration avec la réussite : « aucune forme d’échec ne peut être tolérée lorsque tu es venu en France » ajoute un enquêté. Que ce postulat soit légitime ou aberrant, cette représentation protectionniste contre la fracture sociale et économique fait florès chez les parents des étudiants “déshérités“. Issus de familles pauvres, “déstabilisées“ ou “disqualifiées“ pour reprendre des termes de Serge Paugam, ces derniers ne sont pas nés avec des cuillères en argent dans la bouche. Et, la survie des siens dépend de leur endurance à veiller scrupuleusement à leurs besoins d’ordre alimentaire, matériel, éducatif et médical. Ils sont comme des acteurs avec l’épée de Damoclès au dessus de la tête dans la mesure où ils sont dans l’obligation de suppléer d’abord aux responsabilités des parents, de perpétuer la culture de la réussite in fine: une chance à offrir à ses jeunes frères. « Tant que mes frères n’auront pas fini leurs études où qu’ils viennent en France, je crois que mes parents prendraient mal mon retour parce que pour eux, je suis la porte de secours, c’est tout. Maintenant autant mes parents s’inquiétaient pour moi, autant ils s’inquiètent pour mes frères parce que je suis là. C’est plus qu’une charge, je vais te dire une chose, on renonce à beaucoup de choses pour la famille, si cela ne tenait qu’à moi, je serais beaucoup plus heureux au Sénégal, je n’aurais pas gagné plus mais j’aurais … j’aurais été enfant unique ou thiaat, je te promets, je n’aurais même pas hésité, mais je suis l’aîné… » nous informe un sénégalais établi en France.

Simples dettes morales et sociales requérables ou actions symboliques de renouvellement de l’appartenance sociale, cette forme de “retour sur l’investissement familial“ est une pression et pas des moindres qui flétrit les prémisses du projet de retour définitif. De toute évidence, un salarié de France-Telecom peut tenir les cordes de la bourse familiale restée au pays. S’il retourne au Sénégal, même avec une rétribution de cadre supérieur, il lui sera difficile de se frayer un chemin de réussite sociale et garder le même niveau de solidarité envers sa famille. Une telle prise de conscience incite à différer “provisoirement“ les projets de retour.

Au même titre que le chômage, que les stratégies d’insertion professionnelle à développer et les difficultés de réinsertion sociale à surmonter, le facteur familial s’incruste dans l’analyse de la problématique des migrations de retour et de non-retour des étudiants sénégalais.
Des gouvernements qui pillent les ressources du pays comment pourraient ils s’occuper correctement des études de leur fils à l’étranger et de leur réinsertion en Afrique?
Voilà encore une fois pourquoi les Casamançais veulent leur indépendance totale !
Depuis 1960, les choses vont de mal en pire, pour ne citer que le cout de l’électricité qui grimpe de jour en jour avec des coupures insolantes à longueur de journée voire plusieurs jours.
Ils tiennent leur population en otage avec le complice de certains pays occidentaux: neo-colonialisme toujours.
Nous voulons respirer ! La liberté ! La Solidarité ! La Justice ! La Vérité !
Voilà notre fondement.

La Coordination de la Section du Mfdc au Royaume Uni

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